Les devoirs

Faut-il interdire les devoirs à la maison ?

« L’arrêté du 23 novembre 1956 et la circulaire du 29 décembre 1956 ont précisé qu’aux cours élémentaires et moyens les devoirs doivent être faits dans l’horaire normal de classe et non plus à la maison ou en étude. (…) Je tiens à préciser que l’interdiction formelle de donner des travaux écrits à exécuter hors de la classe s’applique également aux élèves des cours préparatoires et vise, d’une façon plus générale, l’ensemble des élèves de l’école primaire. »

Il existe déjà une restriction qui ne concerne que les devoirs écrits.

L’idée, c’est que tous les élèves ne peuvent pas travailler dans les mêmes conditions à la maison et ne peuvent pas recevoir la même aide de leur proches. Donner des devoirs écrits, c’est donc accroître les inégalités. Sur ce point, on est d’accord.

Qu’en est-il des leçons à apprendre, des traces écrites à lire à la maison, etc…? Pour la FCPE, complètement à côté de la plaque, les devoirs, c’est une forme de « sous-traitance pédagogique aux familles« … Sérieusement ??? De plus, il semblerait que l’utilité des devoirs à faire à la maison « n’est jamais été prouvée« .

Personnellement, je pense que les devoirs, c’est quelque chose d’important. Souvent, c’est un moment privilégié pour l’enfant, parce qu’il va bénéficier, ne serait-ce quelques minutes, de l’attention d’un parent. Pour certain c’est quelque chose de rare, pour tous, quelque chose de précieux. On s’en souvient souvent avec nostalgie ( quand on a la chance d’avoir eu quelqu’un pour nous faire travailler à la maison).  L’intérêt pédagogique n’a pas besoin d’être prouvé, c’est une question de bon sens. Les élèves qui reliront leurs leçons, même rapidement le soir, auront plus de chance de les retenir… Certains parents n’ouvrent même pas les cahiers de leurs enfants si on ne fait pas intervenir l’autorité du maître en jeu ( ou ce qu’il en reste).

Demander la suppression des devoirs à la maison, c’est se battre pour le droit à la médiocrité. Nous avons une loi qui cadre très bien les limites de ce que l’on doit demander aux enfants depuis plus de 50 ans, fin du débat.

 

éducation populaire

Cette année j’ai récupéré mon poste de remplaçant et j’interviens donc dans de nombreuses écoles primaires. Je rencontre des élèves issus de milieux socio-culturels différents, en milieu urbain et rural. Je suis très attentif au niveau des élèves en lecture et en expression écrite. Par expression écrite, j’entends simplement la faculté de s’exprimer à l’écrit: être capable de transmettre une idée et de se faire comprendre.

Malheureusement, je remarque que le niveau des élèves est trop souvent catastrophique, et pas forcément dans les milieux les plus défavorisés financièrement. Le niveau des élèves est bas dans les milieux défavorisés culturellement, et là où le savoir n’est pas valorisé ( et l’enseignant aussi ). J’ai rencontré un nombre important d’élèves de cycle 3 incapables de comprendre l’implicite d’un texte, incapables d’avoir recours à l’écrit comme moyen d’expression.

La faute à qui? Aux enseignants? Non, puisqu’ils reçoivent la même formation et sont soumis aux mêmes exigences que les autres. Aux parents? Je serais bien tenté de dire oui, mais sans oublier que ces parents ont été élèves aussi, et sont donc des victimes à la base.

J’ai toujours pu constater que les élèves les plus doués ( même dans l’apprentissage de la lecture) et les plus intéressants, en règle générale, sont stimulés intellectuellement dans leur entourage familial. Ils ont la chance de voyager, de sortir, de voir des spectacles, de faire du sport, des activités culturelles… Un jour, dans une classe de CP, je me suis amusé à demander aux élèves: « Où êtes-vous allé le plus loin de votre maison, quel a été votre plus grand voyage? « . Une élève très douée a répondu: « En Guadeloupe« , et l’élève la plus en difficulté a répondu: « J’ai eu le droit de sortir promener mon chien toute seule« …

Je pense que le sort de ces élèves ne dépend pas seulement du système scolaire, changement de rythmes ou pas. Il ne dépend pas seulement de leurs parents non plus. Nous sommes tous responsables de leur échec, parce que nous ne sommes pas capables de nous bouger pour apporter ce que l’on peut à nos semblables… Ces élèves s’épanouiront quand les communes, les enseignants, les parents, ouvriront les portes des écoles bénévolement, en dehors du temps scolaire, et apporteront ce qu’ils peuvent… Ne pourrait-on pas imaginer un village ou un gentil papy donnerait des cours le samedi matin pour apprendre aux enfants et aux adultes à jardiner? Des personnes issues de cultures différentes pourraient s’épanouir avec des cours de langue, de cuisine le soir… On pourrait aussi se réunir pour lire, conter… On pourrait donner des cours de musique ( bon sang, moi je le ferai volontiers gratuitement quand j’aurais ma classe dans un village!)…

Je vais sans doute passer pour un illuminé en écrivant des choses comme cela, mais finalement, il ne suffit pas de grand chose pour faire un monde meilleur. Des gens capables d’aider les autres à s’élever, des gens qui ont du coeur et des choses à dire, j’en vois pourtant beaucoup…

 

Le « it »

Dans une récente conversation, on m’a demandé quelles étaient les musiques qui, selon moi, devaient avoir été entendu avant de mourir. Il y a bien sûr des musiques que j’aime particulièrement, mais je ne pense pas avoir la légitimité pour en choisir au nom de tous… Chacun ses goûts. La musique est un art de l’éphémère, quelque chose qui brûle et se consume, quelque chose qui se vit. J’ai donc répondu qu’avant de mourir, il faut avoir trouver le « it« . Le « it« , selon Jack Kerouac, c’est une sorte d’état de grâce atteint par un musicien au cours d’une improvisation. « C’est en précipitant le rythme jusqu’à en perdre le souffle qu’ils attrapaient ce « it » et le maintenaient alors jusqu’à l’extase, la béatitude… »

Je ne pense pas que cet état de grâce et de transe soit réservé aux musiciens de jazz, je pense qu’il est accessible à tous en jouant ou en dansant. Mais c’est quand même dans le jazz qu’on va le rechercher, le mettre en avant, c’est ce qui défini le style, et cela n’a rien d’élitiste: un enfant peut le faire. C’est d’ailleurs le seul intérêt que les enfants trouvent à la musique. Il n’y a rien de plus noble en musique que de trouver le « it« .

Je pense que cet extrait est un exemple, mais il y en a pleins!

Aristote

Texte Aristote: les différents gouvernements

Il existe pour Aristote six types de régimes. Trois régimes visent l’intérêt communs (monarchie, aristocratie, république ou gouvernement constitutionnel). Les trois autres (tyrannie, oligarchie, démocratie) sont des déviations, ou dégénérescences, des premiers. Il est ici sévère avec la démocratie:

« Puisque constitution et gouvernement signifient la

même chose, et qu’un gouvernement c’est ce qui est souverain dans les cités, il est nécessaire que soit souverain soit un seul individu, soit un petit nombre, soit un grand nombre de gens. Quand cet individu, ce petit ou ce grand nombre gouvernent en vue de l’avantage commun, nécessairement ces constitutions sont droites, mai quand c’est en vue de l’avantage propre de cet individu, de ce petit ou de ce grand nombre, ce sont des déviations. Car ou bien il ne faut pas appeler citoyens ceux qui participent à la vie de la cité, ou bien il faut qu’ils en partagent les avantages.
Nous appelons d’ordinaire royauté celle des monarchies qui a en vue l’avantage commun ; parmi les constitutions donnant le pouvoir à un nombre de gens petit mais supérieur à un, nous en appelons une l’aristocratie soit parce que les meilleurs y ont le pouvoir, soit parce qu’on y gouverne pour le plus grand bien de la cité et de ceux qui en sont membres. Quand c’est la multitude qui détient le gouvernement en vue de l’avantage commun, la constitution est appelée du nom commun à toutes les constitutions, un gouvernement constitutionnel. Et c’est rationnel, car il peut arriver qu’un seul individu ou qu’un petit nombre se distingue par sa vertu, alors qu’il est vraiment difficile qu’un grand nombre de gens possèdent une vertu dans tous les domaines, avec comme exception principale la vertu guerrière : elle naît en effet dans la masse. C’est pourquoi dans cette dernière sorte de constitution c’est la classe guerrière qui est absolument souveraine et ce sont ceux qui détiennent les armes qui participent au pouvoir.
Les déviations des constitutions qu’on a indiquées sont : la tyrannie pour la royauté, l’oligarchie pour l’aristocratie, la démocratie pour le gouvernement constitutionnel. Car la tyrannie est une monarchie qui vise l’avantage du monarque, l’oligarchie celui des gens aisés, la démocratie vise l’avantage des gens modestes. Aucune de ces formes ne vise l’avantage commun ».

Aristote (325-323 av. J.-C.), La politique, Livre III, chap. 7, 1279 a 25, trad. P. Pellerin, coll.  » GF « , Éd. Flammarion, 1990, pp. 229-230.

C’est sympa comme article, par contre les termes de gouvernements constitutionnels ou de constitutions sont mal choisis à mon goût, parce qu’ils n’ont pas le même sens dans notre langue que la politeia selon Aristote. La politeia, c’est le corps des citoyens et ce qui les lie. Aristote est sévère avec une certaine forme de démocratie mais pas avec la politeia, qui est le gouvernement d’un grand nombre d’individus pour l’intérêt général.

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